الخميس، 9 أبريل 2009

راي حر - النقابي الجامعي هيكل بن مصطفى

, Universitaires, l'heure est à la solidarité et non à la politique de la terre brûlée!

Il va sans dire que l’université tunisienne vit depuis quelques deux mois une crise sans précédent. Cela a été dit plus d’une fois et il est maintenant inutile de dire pourquoi. Cela se résume en deux mots, les autorités de tutelle ont commencé ce qui a été achevé par un BE dont le salut politique passe par l’immolation d’un secteur. Depuis, des solutions ont été suggérées sur le net ou dans des AG locales. Or, en relisant la production universitaire, j'ai constaté que toute la littérature produite en réaction à la crise syndicale de l'université, y compris ma modeste contribution qui n’engage personne d’autre que moi, ne se suffisait qu'à mettre le doigt sur la crise sans pour autant évaluer les choix défendus par les uns et par les autres, notamment la nécessité de créer un syndicat autonome et la nécessité de poursuivre nos luttes à l'intérieur de l'UGTT.
Même si je ne suis pas hostile au principe du syndicat autonome, j’aimerais bien émettre quelques remarques sur cette stratégie ou plutôt l’allure que cette tentative est en train de prendre.
D’abord, il est déplorable que ce choix soit défendu avec comme arguments majeurs, la diffamation du BN de la FGESRS ou particulièrement son SG Sami Aouadi, d’un côté, et la publication de listes de signataires d’une présumée pétition nationale où ils déclarent leur démission de l’UGTT et la formation d’une commission nationale œuvrant pour la création d’un syndicat autonome. Car, si le SG est impliqué dans « une trahison » comme certaines personnes le font dire à une certaine base, et que ceux qui l’en accusent en détiennent les preuves, il est un peu étonnant qu’ils veuillent rester les dépositaires de ces preuves secrètes. Ceci dit, il s’agit là d’une basse stratégie qui ne fera que détruire un secteur déjà impénitent. A mon avis, ces preuves, demeurées jusque là secrètes, sont un fantasme dû à certains griefs personnels que certains ont contre Sami Aouadi. Qu’il soit bien compris que je ne défends le SG que pour deux raisons essentielles : l’absence de preuves tangibles de la trahison dont on l’accuse, d’abord, et la sauvegarde de la cohésion qui a représenté notre attitude lors de la réunion du 31/01/09, laquelle cohésion est minée par cette attitude casse-cou à laquelle se livrent les instigateurs de la pétition (j’y reviendrai plus bas).
Venons en maintenant au second pilier de la création de l’autonomie syndicale tel qu’il est présenté à la base, à savoir cette liste de signatures. En effet, je crains que cette méthode ne soit pas la meilleure des stratégies pour convaincre les militants de démissionner à leur tour. Que représentent en effet ces signatures ? A mon avis, ce n’est que l’expression d’un ras-le-bol face aux agissements récents de la centrale syndicale. Du coup, je ne pense pas que cette pétition soit signée pour se lancer dans une aventure de cascadeurs syndicaux. Autrement dit, en admettant que ces listes soient bien réelles, je doute fort que notre base syndicale, qui sait bien évaluer la situation politique du pays, veuille se lancer dans le connu-inconnu. J’incline à penser que nous ne sommes pas tous amateurs de tunnels sans bout !!
Toutefois, une solution est assurément urgente, mais elle doit se faire, à mon sens, dans un consensus démocratique. Si on peut reprocher à nos amis du BN certaines choses, cela ne signifie pas que nous devrions leur forcer la main et présenter le secteur dans une image de tiraillement. Certes, nous sommes tiraillés entre deux choix amers, mais cela fait-il que les deux tendances sont ennemies ou en conflit ? Si divergence il ya, elle n'est en ce moment qu'idéelle, ce qui est bien sûr légitime. Car, j'aime bien à croire que nous sommes plus unis que jamais, par la force des choses. La question est de savoir, dans l'union, trouver des solutions viables !! L’appel au rassemblement parallèle au conseil sectoriel du 11/04 est non seulement une action insignifiante, mais elle témoigne aussi d’un certain dilettantisme syndicalo-politique si ce n’est pas la politique de la terre brûlée. Car, pourquoi veut-on se rassembler devant une organisation que l’on a quittée. Je pense qu’une attitude raisonnée serait de laisser se tenir sereinement ce conseil sectoriel, qui en vérité n’a pas été bien préparé et s’annonce clos, en appelant d’urgence à un meeting dans l’une des institutions universitaires où nous pourrions débattre sereinement de l’avenir du travail syndical à l’université. Il est nécessaire, également, que les universitaires s’expliquent sur leur choix librement, quitte à organiser une consultation nationale visant à comprendre ce que voudrait la base.
Pour finir, je pense que l’heure est à la solidarité et non aux règlements de compte et à l’improvisation casse-cou ! Car, que l’on ait des griefs contre le BN de FGESRS -et Dieu sait que j’en ai beaucoup-, il n’est pas salutaire pour l’université de les mettre sur la table, en ce moment de crise, dangereuse.
Heikel Ben Mustapha
Enseignant à la fac des Lettres de Manouba et, jusqu’à décision contraire, militant syndicaliste au sein de la FGESRS